Une mort amenée, présentée comme un cas de suicide...

VII m-)


Témoignage du
Dr. Jean Hould
à la C.L.L.
(Extraits)




les 16 et 17 juillet 1996 :

P.223
(16)
Q .: Maintenant le 10 novembre 1969 la, A.S.A.F., ça va, quand est-ce que vous l'inscrivez sur votre manuscrit, C-29, pour la première fois ? Au début de l'autopsie ?
R . : Pas nécessairement, mais si on a des renseignements à l'effet qu'il s'agit...on a un suicide...

P.224
(16)
Q .: D'accord. Alors pour que vous puissiez inscrire ces quatre lettres, ASAF, si je lis bien, il y a quelqu'un qui a dû vous donner certaines informations ?
R . : Oui. Je dois dire que le cas (mort) de M. Dupont m'a été amené, présenté comme un cas de suicide, arme à feu.
Q. : Vous souvenez-vous si c'était au début de l'autopsie ?
R . : Généralement, c'est avant l'autopsie.

P.244
(16)
Q .: Maintenant, l'historique, l'histoire ?
R . : Ça...l'histoire correspond aux renseignements que j'ai eus, normalement avant de faire l'autopsie.
- Déprimé au cours des derniers temps.
- Porté disparu depuis le... je ne le savais pas quand j'ai écrit ça.
- Trouvé à... je ne le savais pas.
- Le... non plus je ne le savais pas.
Sur le blvd. St-Jean à Trois-Rivières dans son auto, revolver de service calibre .38 à ses côtés.

P.245
(16)
Q .: Est-ce que vous avez souvenance que vous avez rencontré quelqu'un de la police de Trois-Rivières, qui vous ont amené le corps de M. Dupont ?
R . : Non. Je sais des choses mais je ne me rappelle pas.
Q. : Ça va.
R . : Je sais que... Massicotte, je le connais très bien, mais je ne me rappelle pas qu'il était là. Ou c'est lui qui m'a parlé.

P.246
(16)
Q .: D'accord. Mais vous ne savez pas s'il était là à ce moment-là ?
R . : Je ne le sais pas.

P.179
(17)
Q .: Le 10 novembre 1969, à ce moment-là vous êtes pathologiste depuis 22 mois environ ?
R . : Oui.
Q .:  Je comprends que vous êtes le junior du Dr. Valcourt d'une certaine façon ? 
R . : Oui.
Q .:  Vous en êtes à vos premières autopsies à ce moment-là ? 
R . : La vraie médecine légale débute à Montréal. À Québec, j'ai fait des petits cas légers.

P.180
(17)
Q .: Le Dr. Valcourt était présent au cours des premières autopsies ?
R . : Ah, toujours.

P.182
(17)
Q .: Maintenant, je comprends qu'à ce moment-là, vous étiez pathologiste judiciaire, vous travailliez dans un système de coroner, donc vous n'aviez pas à dire, c'est un suicide ou c'est un meurtre ?
R . : Non. Un médecin légiste n'a pas la conséquence pour parler...pour donner un verdict.

P.257
(17)
Q .: Alors à un moment donné, vous avez mentionné à M. Pierre Migneault dans un reportage (Radio Canada, émission 'Newswatch' ayant pour titre 'Shadow of doubt' et à l`émission 'Le Point' ayant pour titre 'l`ombre d`un doute') que ce cas-là vous avait été présenté comme un suicide et que... et là, je reprends vos termes, c'est que "jusqu'à preuve du contraire, moi je classe ça comme un cas de suicide d'arme à feu sans toutefois éliminer qu'il y ait eu des trucages, des montages, des manipulations dont je ne suis pas au courant".
R . : C'est presque textuel là.
Q .: C'est ça, alors vous n'éliminez pas ça aujourd'hui ? 
R . :  Absolument pas. 

P.238
(16)
R .: Bon. Une chemise blanche percée sur la ligne médiane antérieure.
Q . : Bon. Là, je vais vous demander, premièrement, quand vous dites percée, qu'est-ce que vous voulez dire par là, chemise blanche percée (en 1969) ?
R . : Qu'elle est trouée...Il y a un trou.

P.242
(16)
Q .: Maintenant vous avez ajouté en dessous, et je vais vous laisser aller, parce que votre écriture est bien celle d'un médecin.
R . : Chemise percée, brûlée, un pouce de diamètre. Ça veut dire qu'il y a une perforation qui a un pouce de diamètre.
Q .:  Maintenant; chemise percée, brûlée. (En 1987, dans votre 2e rapport)
R . : Oui.
Q .:  Pourquoi vous indiquez brûlée ? 
R . : Parce que la perforation semblait le résultat d'une brûlure.

P.72 Q .: Deuxièmement, vous utilisez le terme "chemise déchirée", c'est bien ça ? 
R . : Oui, parce qu'il y avait des déchirures...
  Q .: Il y avait des déchirures ?  
R . : Par opposition à une perforation. 

P.73
(17)
Q .: Est-ce que ça, en soi, est indicatif de quelque chose, par rapport à une déchirure pour vous ?
R . : Dans le temps, je pense que j'aurais eu peine à expliquer ces déchirures-là.

P.74
(17)
Q .: Au moment de l'inscription de cette mention : "Chemise déchirée", c'est une constatation que vous avez faite sans porter quelque jugement que ce soit, parce que vous n'aviez pas l'information que peut-être vous avez ?
R . : Oui, et pour laquelle à ce moment-là, je pense que j'en avais pas d'explication.

P.73
(17)
R .: Pis, il n'y avait pas de couteau, rien et ect., aujourd'hui je pense que l'on pourrait les expliquer avec les expertises balistiques qu'on m'a données, qu'on m'a expliquées. Et que lors de cette préparation de la requête en mandamus, nous avons eu à vérifier des expertises, où on est arrivé à certaines conclusions à l'effet que c'était un bout touchant.
Q . : C'était quoi ?
R . : C'était un bout touchant, que le tir était à bout touchant. Moi, personnellement, étant donné que je n'avais pas d'analyse des substances ect., mais qu'il avait également...qu'il avait tout de même des stigmates sur la chemise, sur la peau, et j'en ai dit que "il y avait une proximité de tir", pour être honnête, il faut aller plus loin.

P.215
(17)
Q .: Maintenant, à l'époque, ce que j'ai compris de votre témoignage, c'est que vous expliquiez pas ces déchirures-là ?
R . : Oui, au moment de l'autopsie je ne le savais pas.
Q .:  Diriez-vous que pour vous, à ce moment-là, c'était un peu problèmatique ? 
R . : Oui, je me suis posé des questions, j'avais pas de réponse mais...

P.127
(17)
Q .: Est-ce que ces vêtements-là sont expertisés ou il y a des prélèvements ou sont analysés par votre département ou un autre département de l'I.M.L. ?
R . : Non. Si on le met dans la dalle sans demander d'examen, il n'y aura pas d'expertise.

P.128
(17)
Q .: Est-ce qu'il était généralement à cette époque, habituel de demander des analyses de vêtements ?
R . : On en demandait lorsqu'on en sentait le besoin. Lorsqu'on avait des doutes, confirmer nos constatations, mais pas tout le temps, et encore moins dans les cas de suicide.

 

 

 



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