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Le Nouvelliste, 17-18 avril 2010
Par Jean-Marc Beaudoin
L'Affaire Dupont à l'Assemblé nationale

Trois-Rivières - L'Affaire du policier Louis-Goerges Dupont sera portée la semaine prochaine à l'Assemblée nationale du Québec.

Flanquée des deux fils du policier, Jacques et Robert, la députée de Champlain, Noëlla Champagne, a fait savoir hier à son bureau de circonscription qu'elle remettait un résumé du dossier aux ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et à la ministre de la Justice, Kathleen Well.

Dans ce résumé de près d'une vingtaine de pages, les frères Dupont retracent les grandes lignes qui ont marqué cet obscure affaire depuis la découverte du corps de leur père, en novembre 1969, jusqu'à la l'analyse récente de photos et extraits de témoignages qui permettent de croire à l'existence d'un second impact de balle, cette fois au dos du policier.

D'autres analyses des photos prises au moment de la découverte du corps du sergent-détective, dans son auto de service, dans un boisé au nord de la ville, forcent un questionnement sur le fait que des surfaces bleutées ou noircies, à la tête et au cou, semblent imcompatibles avec la position avec laquelle le corps a été retrouvé dans l'auto.
 
La raideur cadavérique admise et l'absence d'insectes sur son corps tendent aussi à démontrer que sa mort remontait à quelques heures et non à quelques jours, contrairement à ce que l'on avait conclu.

Il y a donc là, pour les frères Dupont, qui n'ont jamais cru à la thèse du suicide, suffisamment d'éléments nouveaux ou ignorés qui justifient la reprise d'une enquête, même 40 ans plus tard, afin que soit enfin rétablie la vérité et réhabilité la mémoire de leur père.

Dans le document qui sera remi au ministres Dupuis et Well, ils leur demandent de confier le dossier à l'examen d'un procureur de la couronne ou à des enquêteurs de la Sureté du Québec afin d'en arriver à régulariser la situation.

 

La députée Champagne compte remettre le même document à deux de ses collègues, mais aussi à la députée adéquiste Sylvie Roy et au député Amir Khadir de Québec solidaire. Elle n'écarte pas la possibillité d'interventions au moment de la période de questions à l'Assemblée nationale.

Mme Champagne n'a aucune certitude sur l'issue de sa démarche, mais elle est convaicue que cette affaire douteuse mérite les efforts d'une ultime tentative. Elle n'a pas caché hier que la lecture des documents que lui avaient remis les frères Dupont l'avait profondément troublée et soulevé chez elle un doute sévère sur toutes les conclusions de suicide auxquelles en étaient arrivés l'enquête bâclée de la Sûreté municipale de Trois-Rivières à l'époque, les analyses tout autant sommmaires et peu critique de l'Institut médico-légal du Québec, l'enquête expéditive du coroner qui avait suivi ainsi que la grande Commission d'enquête sur les circonstances de la mort du policier, tenue en 1996.

C'est un juge de la Cour Supérieure, Yves St-Julien, qui dans un jugement de 68 pages, après avoir entendu de nombreux témoignages d'experts, avait conclu qu'il ne pouvait pas du tout croire à la thèse du suicide et qui avait ordonné au ministère de la Justice de tenir une Commission d'enquête.

Certes, après de longues audiences et même l'exhumation du corps du policier pour une nouvelle analyse médico-lgale, la commissaire Céline Lacerte-Lamontagne avait aussi conclu au suicide.